Neuvième au scratch, Tristan Beaufils a été l'une des grosses révélations de la 13e édition de l'Ironman de Nice en juillet dernier. Le jeune étudiant en médecine de 24 ans sera au départ du Mondial Ironman ce samedi à Hawaii.

Nous vous proposons de relire le portrait paru dans le numéro d'août de Triathlete (texte d'Aurélien Macedo).

« Inimaginable et inoubliable ! » Tristan Beaufils n'en revient pas de l'exploit qu'il a réalisé lors de l'Ironman de Nice. Jamais il n'aurait pu imaginer, même dans ses rêves les plus fous, qu'il terminerait dans le Top 10 de cette mythique course. D'autant plus qu'il ne pratique le triathlon que depuis un an. Pourtant, l'idée de s'aligner sur l'Ironman de Nice date de 2013. Spectateur de la course, il s'était dit : « un jour, ce sera moi. »

Tristan est, malgré tout un sportif accompli, et ce depuis son jeune plus âge. Dès le lycée, il se met à l'athlétisme sur le demi-fond (800 m-1 500 m-3000 m) Lors de l’année 2012, sa petite sœur tombe gravement malade. Durant sa convalescence, Margaux bénéficie de l’aide de l’association Petits Princes. Une assistance qui lui permet de mieux vivre sa maladie. Pour remercier l’association de son soutien, Margaux et Tristan décident, quelques années plus tard, de récolter des dons à travers deux défis : le Marathon de Milan pour la petite sœur, l'Ironman de Nice pour le grand frère.

Très pris par ses études de médecine, Tristan prend une année de césure en septembre 2016 pour se préparer pour l'Ironman de Nice. Il décide tout d’abord de s’entraîner seul pendant cinq mois afin de faire partie des finishers.

Habitant à Lille pour ses études, il découvre un groupe d’entraînement en janvier. Constatant sa belle progression, il se prend de plus en plus au jeu. L'idée de se qualifier pour Hawaii commence à germer dans son esprit. Avec son entraîneur Antoine Perche (qui a réalisé 8h24 lors du dernier Challenge Roth), Tristan va travailler encore plus dur. Son volume d’entraînement double, passant de 13 h/semaine à 25 h/semaine en fin de préparation.

Solide en course à pied et endurant depuis tout petit, Tristan a dû intensifier ses efforts sur le vélo et en natation. Des sports qu’il a respectivement débutés il y a un an et six mois. Tristan progresse rapidement sur le vélo mais il a encore des difficultés lorsque la natation devient technique. Pour avoir une référence, il s’aligne sur le Triathlon de Cannes, course qu'il boucle à la 31e place. Il enchaîne avec l’Ironman 70.3 du Pays d’Aix. Il finit 21e de cette course tout en remportant sa catégorie (18-24 ans).

Et c'est enfin l'Ironman de Nice. Pour sa première année de triathlon et surtout son premier Ironman, Tristan ne se fixe pas de réel objectif même si il veut finir dans les 30 premiers. En natation, il réalise un temps conforme à ses attentes en sortant de l’eau en 1h08. Il revient ensuite progressivement sur les concurrents qui le précèdent à vélo tout en se préservant pour la course à pied. Il utilisait, pour l'occasion, le Victoire Vitesse, un vélo artisanal de triathlon en acier sur mesure.

Le marathon ne sera que du bonheur pour Tristan qui savoure jusqu’au bout. Il revient sur son finish : « La dernière ligne droite était dingue ! J'ai même pleuré à l'arrivée, tellement l'émotion était forte ! J'étais hyper heureux et fier de partager ça avec ma famille et mes amis venus de Lille. » Une joie immense, décuplée par le fait de figurer parmi les cinq premiers français. Tristan termine également en tête de son groupe d’âge. Une performance qui lui permet donc d’être qualifié pour Hawaii.

S’il doit encore terminer ses études de médecine, Tristan ne ferme pas la porte à de nouveaux challenges. Il est conscient d’avoir encore une marge de progression. Son regard est maintenant tourné vers le 14 octobre, jour du Mondial Iroman. Et s'il nous surprenait encore ?