Chaque mois, Benoît Valque, notre spécialiste entraînement, livre quelques conseils aux débutants. Voici ceux qu'il a donnés dans le numéro d'août.

Se préparer à la natation en eau libre

Nager en milieu naturel n’a rien d’une sinécure lorsque l’on débute. On retrouve souvent deux cas de figure : le débutant qui sous-estime la difficulté et qui connait la « crise de panique » le jour J le débutant qui a connu une première expérience difficile, ou qui craint le milieu naturel.

Dans tous les cas de figure il convient d’accorder de l’importance à la natation en milieu naturel dans votre préparation. Il est bien entendu très complexe de préparer l’eau libre en piscine mais vous pourriez par exemple commencer par nager en fermant les yeux (en ouvrant les yeux pour respirer). Si l’eau libre est très anxiogène commencez par faire « l’étoile » en combinaison, en vous forçant à expirer progressivement. Une fois que vous savez respirer « calmement » commencez par enchaîner quelques mouvements. Le reste suivra … Gardez bien à l’esprit que vous devrez vous placer à l’écart le jour de votre premier triathlon afin de nager à votre main.

Faut-il « relâcher » avant l’objectif ?

Vous avez sans doute lu à de multiples reprises qu’il fallait récupérer durant la dernière ligne droite avant un objectif. Ceci s’explique par la nécessité de retrouver de la fraicheur physique afin de pouvoir s’exprimer pleinement lors de la compétition. Seulement cela se justifie lorsque la charge d’entraînement est élevée. Si votre charge d’entraînement est limitée et que vous ne ressentez aucune fatigue poursuivez sur votre lancée jusqu’à J-3 voire J-2. En effet en relâchant « trop » et « trop tôt » vous risquez le sous-entraînement. La semaine dite d’affûtage ou d’approche ne se justifie donc que rarement chez les débutants.

Attention à la défaillance

Bien sûr, vous connaissez les risques inhérents à la pratique d’une activité extérieure par temps chaud. Les températures élevées engendrent une déshydratation rapide. Seulement, surtout en course, l’hydratation reste souvent insuffisante. Si vous fatiguez de manière anormale après 40’/45’ de course à pied ou 1h/1h15 de vélo il est probable que la défaillance ne vous guette. Tout sportif a tendance à « tout mettre » sur le compte de la condition physique (manque d’entraînement, fatigue etc.) alors que l’explication est parfois ailleurs. Songez que vous pouvez perdre jusqu’à 1,5 voire 2L par heure par forte chaleur. Faîtes le compte si vous buvez un bidon de 0,5/0,6L sur une sortie vélo d’1h-1h15-1h30 !

Sur quelle distance faut-il débuter le triathlon ?

Voilà une distance qui n’en finit pas de faire débat et pour cause. Si certains verront un XS comme un défi d’autres pourront débuter sur un format HALF compte tenu d’une expérience sportive certaines dans les trois disciplines. Le propos n’est pas de juger quiconque, mais bel et bien de vous donner les clefs pour faire le bon choix. S’il fallait donner une règle simple ce serait celle-ci : vous devez être capable de réaliser 1,5 à 2 fois la distance dans chaque discipline (individuellement, cela va de soit).

Attention à ne pas trop vous disperser

Trois disciplines à travailler c’est déjà suffisamment complexe. Il suffit de regarder les charges d’entraînement à haut niveau pour se rendre compte de la complexité de la discipline. Dès lors il conviendra de ne pas trop vous disperser et de conserver une régularité dans les trois disciplines. Ceci dit, tout complément (qui proviendrait d’une autre discipline sportive donc) va apporter sa pierre à l’édifice dans l’amélioration de votre condition physique et sera donc à ce titre bénéfique. Il faut donc garder à l’esprit deux règles : les autres disciplines peuvent venir en complément, mais pas en substitut il convient de veiller à ce qu’elles ne génèrent pas de fatigue supplémentaire.