L'équipe masculine des Sables Vendée a pris une remarquable 2e place dimanche dernier à Dunkerque, lors de la 2e manche du Grand Prix Lyonnaise des Eaux. Pour connaître les raisons de cette brillante performance, nous avons interviewé son coach, Hervé Delaunay.

Peux-tu nous donner une analyse et tes sentiments après cette épreuve et surtout le podium ?

Ce fut pour nous une immense joie collective et personnelle. Enfin, nous décrochions ce podium tant convoité ! C’est une formidable récompense pour tous les efforts fournis depuis de nombreuses années. C'est une mise en lumière du formidable travail des athlètes, mais aussi un retour sur l’investissement des dirigeants. Il y avait de la joie dans l’aire d’arrivée. Avec Luc Bouron, nous avons bien profité de ces instants. Un petit peu de champagne est venu clôturer cette belle performance !... Nous avions sur le papier la capacité de très bien faire mais il faut toujours rester prudent car nous avons souvent manqué le petit quelque chose en plus depuis 2006. Cette fois c’était la bonne et nous savourons ! Vraiment !!

Comment as-tu préparé ton équipe ? Quels étaient tes conseils et ta stratégie ?

Avec les ambitions affichées au début de cette saison, nous nous devions de réaliser ce type de résultats. Maintenant dans le sport de haut niveau, il n’y a pas de place pour la moindre erreur et le petit accident de parcours. De plus, la météo a changé un peu la donne au départ de cette course (vent violent). Juste avant le coup de pistolet, j’ai rappelé à l’oreille d’Anthony (Pujades) qu’avec ce vent, un coup pouvait très bien partir et qu’il fallait qu’il soit de la partie. Ce fut exactement ce scénario avec une petite « Beauvaisienne » de la part des « petits hommes verts » de Sartrouville ». Finalement, les vieilles recettes marchent toujours (avec une petite pensée amicale à Lolo Chopin) Pour cela il fallait créer des cassures dans l’eau. Il était convenu qu’Anthony et Pierre Le Corre fassent le départ à bloc et tentent de rester le plus longtemps possible dans les pieds des « poissons pilotes » que sont Richard Varga (EC Sartrouville et Raoul Shaw (St Raphaël Tri). Le maître mot ensuite pour nous était de rester très concentrés et attentifs tout au long de cette course car il pouvait y avoir des bouleversements importants. Pour la première fois nous avions une équipe (notre « Dream Team ») que tout le monde craignait, même si, pour moi, tant que les Sartrouvillois aligneront leur trio infernal (les frères Brownlee et Gomez), ils resteront sur une autre planète.

Notre stratégie sur la partie cycliste était simple, l’équipe la plus représentée à l’avant après la transition n°1 devait prendre la course en main ! Si nous étions 3 ou 4, c’était à nous d’assumer cette responsabilité. Si seulement deux garçons étaient devant, comme ce fut finalement le cas, il fallait collaborer pour aller au bout. Dans cette équipe, la dominante était la présence de nageurs-coureurs (3 sur les 5 alignés) avec un mélange d’expérience et de jeunesse. Certains possédaient les deux, comme João Silva (5e mondial en 2010) qui, à seulement 22 ans, reste le seul actuellement sur ce format capable de rivaliser avec les hommes de têtes (c’est la première fois qu’il devance Javier Gomez). Le travail de Brad Kahlefeldt (3e mondial en 2010) fut remarquable. Ce garçon est très pro et soucieux de faire le « job » pour l’équipe. Je pense qu’il manquait un peu de rythme et que la grippe contractée une semaine avant la course doit être responsable de ce constat. Et puis, il faut mettre en valeur l'extraordinaire performance d’Anthony Pujades, qui en revenant à des fondamentaux, optimise ses qualités. Il doit encore progresser en course à pied mais sur cette configuration il réalise la course parfaite ! Quant à Pierre, à l’avant jusqu’à mi-course, pourtant très en jambes actuellement, le parcours vélo très technique et très compliqué avec le vent lui a été fatal à mi-parcours vélo. Du coup, il n'a pas pu rester avec Brad dans le groupe des poursuivants. L’apprentissage technique dans ce domaine reste à développer. Mais le garçon comprend vite. Il aura sans aucun doute des jours meilleurs.

Pensais-tu vraiment que vous étiez capable d'obtenir cette deuxième place ?

La volonté d’être sur le podium était légitime et avouée clairement entre nous. Maintenant, au regard des effectifs présents, une deuxième place semblait dans nos cordes mais ce serait pour nous la « cerise sur le gâteau » si nous l'obtenions. Maintenant prendre la 2e place en reléguant Poissy à dix points,ce n’est pas arrivé souvent ! Évidemment, nous réalisons une très belle opération au classement général. Nous somme désormais 2ème place. Mais rien n’est fait pour le podium. J’ai simplement l’avantage par rapport aux autres gros du championnat d’avoir un réservoir de très grande qualité. C’était mon souhait à l’intersaison, et c’est peut-être ce qui fera la différence au final !

Propos recueillis par Éric Brondy, Président du CDT de Vendée