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Emmie Charayron ici lors du podium de la WCS de Madrid.

photo : ITU Delly Carr

Emmie Charayron est la triathlète française qui monte. Championne du monde junior l'année dernière en Australie, la nouvelle sociétaire du Lagardère Paris Racing apprend très vite. Sa deuxième place lors de la WCS de Madrid lui permet d'envisager l'avenir avec sérénité.

Interview.

Peux tu nous parler de ta préparation hivernale. As tu changé des choses par rapport à tes années de junior ?

Emmie Charayron : « Oui, il a fallu allonger les distances d’entraînement. Cela ne me pose pas de soucis en course à pied. J'ai poursuivi mon travail en allant sur les cross, c'est une bonne école. En natation, les progrès sont plus longs à acquérir et à stabiliser pour moi, J'ai passé plus de temps à la piscine pour un gain de seulement quelques secondes. Cibler les objectifs a été plus difficile, car la saison s'allonge. En junior je ne visais qu'une ou deux courses. Cette année, La Fédération, l’Armée de terre et le Lagardère Paris Racing me permettent de me préparer à l’international sans rien modifier à ma "structure" d’entraînement, ce qui est essentiel pour moi ».

Quel était ton état d'esprit sur le ponton ?

EC : « Sur les premières courses de WCS, on est toujours intimidée. Déjà à Londres en 2009 et encore cette fois ci, quand l'hymne officiel a démarré ça m'a donné des frissons. J'avais pour principal objectif de rentrer dans les 15 premières pour confirmer ma course de Londres ».

Dans tes rêves les plus fous, avais tu songé à "décrocher le gros lot" pour ta première WCS de l'année ?

EC : « Imaginer est une chose, réaliser en est une autre. Il y a des « objectifs » impossibles à annoncer car ils contiennent une part de rêve. Dans le sport de haut-niveau, je sais qu'il ne faut pas trop rêver donc pour le moment je garde mes rêves pour moi mais parfois ce sont ces rêves qui me donnent des ailes ».

As-tu cru à la victoire ?

EC : « J'ai déja commencé a croire au top 5 lorsque je courais avec Vanessa Fernandes dans le deuxième tour à pied.Dans le dernier tour, nous n'étions plus que trois, le podium était quasiment fait. Je ne me suis pas satisfait de la troisème place et je me suis forcée à croire à la victoire. C'était un peu comme une troisième transition avant de passer au sprint final ».

As-tu eu des moments de doute ?

EC : « Je me suis fait beaucoup de frayeurs sur cette course. Pour commencer, je suis sortie loin de l'eau car je n'ai pas pris un départ assez rapide. J'ai ensuite dépensé pas mal d'énergie pour tenter de rentrer et sur un parcours aussi technique ca fait perdre un peu de lucidité. J'évite la première chute de justesse et sur la deuxième qui a été plus violente j'ai été obligé de passer dans le bas coté ».

A quoi as-tu pensé au moment de franchir la ligne ? Avec qui as-tu partagé ta joie ?

EC : « Je n'ai pas vraiment pensé à quelque chose. C'est plutôt la pression qui s'est échappée et qui s'est manifestée par une explosion de joie. Je l'ai partagé en quelques fractions de secondes avec tous les regards croisés, tous les gens qui m'ont encouragé et tous internautes qui m'ont suivi sur le live coverage ITU ainsi que tous ceux qui m’aident et « qui courent avec moi ».

Pour la suite, comment vas-tu orienter ta saison ?

EC : « Le principal objectif cette année est de marquer des points ITU pour le classement Olympique. Je participerai à donc d'autres WCS. Le calendrier sera chargé et on m'a déja prévenu sur le risque de passer « à travers » quelques courses ».