Pronateur, un mot que vous entendez très souvent au moment de l’achat de vos running. La majorité de la population est pronatrice. Est-ce bien ou non ? À quoi voit-on que l’on est pronateur ? Y a-t-il des conséquences médicales ? Des questions que vous êtes en mesure de vous poser. Réponses.

Par Vincent Castaner avec Mougnir Boumedjane, podologue du sport, posturologue et triathlète

Commençons par le commencement. Il existe trois types d’appuis plantaires : la pronation, la supination et l'appui normal (ou universel). La pronation est une déviation du pied qui se caractérise par un affaissement vers l’intérieur. La supination est strictement l’inverse de la pronation, le pied est en appui vers l’extérieur. Chez un sujet universel, l’axe du talon est vertical.

Attention, pour déterminer la nature de son pied, il ne faut pas le regarder en étant statique devant un miroir. C'est un examen en dynamique qui vous donnera la réponse. Vous pouvez être universel lorsque vous êtes statique et devenir pronateur lors de la course à pied. En effet, en course à pied, il existe, de façon normale, une légère pronation. Elle est nécessaire au bon fonctionnement de votre pied. Mais, surtout pour les sujets lourds ( 75 Kg et +), une mauvaise chaussure à amorti excessif peut vous faire devenir hyper pronateur en courant alors que vous êtes normal en statique. Un examen dynamique est donc indispensable.

L’autre méthode pour déterminer vos appuis est de regarder vos running (avec un nombre suffisant de kilomètres au compteur). Posez les sur une surface plane. Si elles sont restées droites, tout va bien vous ne présentez pas de déséquilibre. Si elles s’affaissent vers l’intérieur, vous êtes à coup sûr pronateur. À l’inverse, si elles basculent vers l’extérieur, vous êtes supinateur. Si comme beaucoup vous êtes pronateur, rassurez-vous, rien de grave. Mais contrôler sa pronation est indispensable. Pourquoi ? 10 km de course à pied représentent environ 10 000 foulées. Avec ce défaut d’appui, la mécanique sera perturbée. Cette anomalie, répétée un grand nombre de fois, peut entraîner de graves blessures telles que tendinites, fractures de fatigue, problèmes de colonne vertébrale, contracture, périostite… Il ne faut pas attendre d’avoir un de ces tourments pour régler vos problèmes d’appui. Il ne faut pas non plus faire des pieds la cause de tous les problèmes du coureur. Comment régler ce problème de pronation ? Plusieurs choix s’offrent à vous. Tout dépend de votre pronation. Elle peut être légère ou excessive. En cas de légère pronation, des chaussures universelles peuvent convenir, mais il est préférable d’utiliser des running pour pronateur. Le choix est tellement vaste. D’où la nécessité de venir avec vos anciennes chaussures lors de votre prochain achat. Le vendeur vous indiquera les modèles qui vous conviendront. Il n’y a bien sûr pas que les appuis qui rentrent en compte dans le choix de running. La morphologie de votre pied, votre poids, la quantité d’entraînement, le terrain sur lequel vous courez, également. Est-ce suffisant pour corriger votre appui ? La réponse est sous vos pieds. Essayer une chaussure ce n’est pas seulement l’enfiler. C’est pourquoi certains magasins proposent de courir soit dans la rue soit sur un tapis.

Si vous n’êtes pas sûr de votre choix, que votre pronation est excessive, ou encore que vous avez déjà eu des antécédents (tendinite…), n’hésitez pas à aller voir un podologue. Plus vous avez d’antécédents et plus vous êtes fragilisé. Vous aurez des semelles parfaitement adaptées à vos pieds et à vos chaussures. Il peut être bon d’en faire fabriquer aussi pour vos chaussures de ville si vous avez un métier physique. Au même titre qu’un médecin généraliste, consulter un podologue du sport, même de manière préventive n’est pas un luxe. Sachez aussi que la pronation peut aussi vous poser des problèmes à vélo. En effet, votre pied vers l’intérieur dans vos chaussures de vélo peut provoquer des problèmes de genoux ou autres traumatismes.Comme pour la course à pied, imaginez-vous une sortie de 4h à une cadence de 80 tours par minute. Vous ne sentez rien en pédalant, mais l’effet cumulatif d’un mouvement aboutit à diverses blessures. Attention, cela peut aussi venir d’un problème de pédale ou de taille de cadre. Dans ce cas-là, ce n’est plus un podologue du sport mais un podologue-posturologue qu’il faut consulter.