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81g la selle, une forme aérodynamique, la Selle Italia CX zero avait fait grand bruit lors de sa sortie. Un tel bijou est-il adapté à notre sport ? Triathlete l’a testée pour vous

Cx zero, scientifiquement, cela veut dire que la selle a un coefficient de traînée nul. En effet sa forme et ses rails intégrés dans la coque en font un objet aérodynamique. A partir de cette simple conclusion, on pourrait se dire qu’elle est faite pour notre sport et nos longues chevauchés en solitaire sur le vélo. Mais petit détail qui a son importance : la selle est entièrement faite de carbone et ne pèse que 81g ! Le débat peut donc s’élargir. Une selle tout carbone est-elle adaptée à notre sport ?

Selle Italia est une référence dans le monde du vélo, une marque historique même. La firme italienne fabrique en effet des selles depuis 1897. Cela fait longtemps que les selles tout carbones existent. Tune, Ax-Lightness… sont des marques bien connues des weightweenie. En revanche, ces marques ne sont pas spécialisées dans ce domaine et bien souvent des utilisateurs ont trouvé cela douloureux. Alors quand une marque aussi ancienne et aussi prestigieuse que Selle Italia sort un modèle, on s’attend à quelque chose de bien. Il y a quelque temps; la marque avait sorti la selle C64, le même modèle que la SLR mais en version carbone. Une selle magnifique mais le SAV avait eu du travail à cause de nombreuse fêlures au niveau des rails. Cette fois, ci avec la CX zero, pas de problème car les rails sont intégrés. Une chose importante est à noter et d’ailleurs c’est une performance, la CX zero n’a pas de contrainte de poids pour l’utilisateur. S’il y avait une peur après la C64, cette preuve de fiabilité balaye toute les réticences.

A première vue, elle est belle (enfin les gouts et les couleurs). Les lignes sont fluides et quand on regarde le dessus de la selle, on retrouve les lignes de la SLR, cette selle si fine, un des best-sellers de la marque. Dessous, c’est la nouveauté : rails intégrés dans la coque, une première pour Selle Italia. La fibre est belle et le vernis bien fait. Dommage pour la touche de rouge au milieu. L’intérieur de la coque n’est pas verni et on peut voir la tresse nue. Sans doute pour un gain de poids. D’ailleurs, nous n’avons pu nous empêcher de la peser. Le constructeur la donne à 81 g, notre balance 80 g. Pour comparaison, une Flite fait 300g.

Au toucher, on se rend rapidement compte que cette assise est un bijou technologique et que des études ont été réalisées avant. Pourquoi ? Lorsque l’on comprime au niveau des rails, le carbone est très dur alors qu’a contrario, au niveau de l’assise, la fibre est plus souple. Comment ont-ils procédé ? Moins d’épaisseur de carbone ? Moins de résine ? Nous ne savons pas, mais le résultat est là.

La mise en place est assez délicate. Qui dit coque intégrale, dit rail non ajouré et donc difficulté de fixer le chariot de selle. Nous nous étonnons de voir qu’aucun couple de serrage n’est indiqué. Il faut donc y aller par à coups et à la clé dynamométrique. Le recul de selle est difficile a régler et il faut y aller à tâtons. Comme il n’y a pas de rails, il n’y a pas de graduation pour les réglages. De plus, il est difficile de mettre le chariot trop en avant en raison de la finesse du bec de selle.

Une fois tous ces réglages effectués, place au test grandeur nature. Avouons-le, pour la première sortie, nous avions mis un cuissard très confortable et avions décidé de faire léger (60 km). Et bien, aucun souci côté confort. Vraiment, aucune différence avec une SLR ou une autre de même type. C’est même assez surprenant. On s’attendait à quelque chose de vraiment rigide et finalement c’est assez confortable. Les vibrations sont bien absorbées et la crainte que nous avions de rebondir à la première imperfection n’a pas lieu d’être.

C’était une petite sortie et nous sommes très contents de la prestation de la selle. Mais le triathlète a rarement la possibilité de mettre un cuissard confortable en compétition et doit souvent endosser uniquement sa trifonction à la chamoisine réduite. Nous avons voulu la tester dans les conditions d’un triathlon. A la première transition, on a un peu peur en sautant sur le vélo mais finalement ça ne craque pas (et heureusement d’ailleurs). Avec la trifonction mouillée, on glisse un peu sur la surface en carbone mais après quelques kilomètres, le problème est réglé. En revanche sur le bec de selle, on ne glisse pas vers l’avant (une fois sec) et le bassin est bien calé. A notre grand étonnement, oui cette selle nous étonne beaucoup, nous avons pu réaliser une sortie de 140 km en trifonction sans avoir plus mal au fesses que d’habitude.

Cette selle serait-elle parfaite ? Pour mon fessier, il n’y a pas eu de problème, elle est assez étroite et ses 13 cm de large me conviennent parfaitement. Niveau confort il faut l’avouer, nous sommes bluffés. Son défaut ? Sa fragilité, mais pas pour l’utilisation. Il faut en effet toujours faire attention. Nous avons eu le malheur de poser le vélo contre le mur et la selle a été marquée. Deuxième défaut, le prix, 375 € la selle ça calme. Pour info cela fait 4,70 € le gramme. Mais comparons ce qui est comparable, les selles équivalentes concurrentes sont dans la même gamme de prix. Encore une fois, la passion a-t-elle un prix ?

Par Vincent Castaner

  • Selle CX Zero
  • Poids :81g ( +/- 8%)
  • Taille : 131 x 275 mm
  • Couleur : carbone
  • Prix : 375 €
  • Contact : www.selleitalia.com