Donner naissance à un enfant change totalement la vie d’une femme. Il n’est pas toujours aisé de concilier l’apparition d’un enfant et la pratique sportive. Mais qu’en est-il pendant la grossesse

Avec Philippe Desmet (*)

Quelle pratique ?

La première règle de précaution à respecter par une femme lorsqu’elle apprend sa grossesse est de diminuer son activité physique. La natation fait exception à cette règle. Il n’y a effet aucune contre-indication pour que la femme enceinte nage jusqu’à la naissance du bébé. Il est toutefois recommandé de privilégier le crawl à la brasse car cette dernière, accentuant la cambrure, peut provoquer des maux de dos.
L’avis des médecins est totalement différent en ce qui concerne le vélo et la course à pied. Pour ces disciplines, ils préconisent de réduire le volume au fil des mois jusqu’au 5e. Au- delà, ils estiment que la poursuite de l’activité est possible mais qu’il peut y avoir des risques pour l’enfant.
En tout cas, il est décommandé fortement de l’augmenter. Certaines femmes sont tentées de le faire pour prendre moins de poids. Si un incident survient durant la grossesse, le médecin peut interdire toute pratique. La protection du bébé avant tout.
Les femmes qui font de la compétition doivent se faire une raison. Elles auront du mal à accomplir les mêmes performances qu’à l’accoutumée au-delà du 3e mois. En effet, le débit cardiaque augmente dès le premier jour de la grossesse de même que le volume sanguin entraînant un accroissement de l’activité cardiaque. La capacité pulmonaire est également diminuée, diminution responsable d'un essoufflement plus précoce.
Cette baisse de capacité sera malgré tout compensée les trois premiers mois par les modifications hormonales dont les effets physiologiques sont proches de ceux qui sont engendrés par le dopage. L’organisme réagit de la même façon que si l’athlète avait pris des anabolisants. En aucun cas, la sportive ne peut être considérée comme positive au dopage. Ce constat avait incité certaines natations (la RDA par exemple) à profiter de la situation et à obliger leurs athlètes à tomber enceinte pour les faire avorter à l’issue de la compétition considérée comme un objectif (JO par exemple).
Quoi qu’il en soit, il ne vaut mieux pas jouer avec cela. Ce jeu peut se révéler dangereux pour le fœtus. Durant sa grossesse, la femme devra également faire face à des carences en fer qui nuiront à sa performance.

Quand reprendre ? Il est déconseillé de reprendre avant un délai de huit semaines. Ensuite, la date de reprise dépend de l’état psychologique de la femme. L’apparition du bébé change en effet totalement les objectifs de vie. Certaines auront moins la capacité ou la volonté de se faire mal. Celles qui pratiquent à un haut niveau auront sans doute moins de difficultés à se remettre dans le bain en raison des objectifs qu’elles se fixent. De toute façon, elles donnent souvent naissance à leurs bébés lorsqu’elle sont en fin de carrière.

Quelques conseils pratiques

  • - Consultez régulièrement votre médecin pour voir si une contre-indication à la pratique du sport n'apparaît pas.
  • - Ne réduisez surtout pas votre alimentation pendant la grossesse (sinon gros risque d’hypoxie et de chute importante de tension).
  • - Buvez beaucoup plus d’eau qu’à l’accoutumée (il faut hydrater l’embryon également).
  • - N'allez jamais au-delà de vos limites.

(*) Médecin de la FFTRI