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Qui n’a jamais eu mal aux fesses en faisant du vélo ? Personne. Pourquoi ? Les selles sont inadaptées à la morphologie humaine. La selle Proust par son fonctionnement et sa forme pallie ce problème. Triathlete l’a testée pour vous.

Regardons l’évolution des vélos. Un objet n’a que très peu changé depuis 200 ans : la selle. Cela fait deux siècles que des personnes ont des problèmes de fessiers. À quoi cela est-il dû ? Sur la plupart des selles, même celles qui sont évidées l’appuie du corps se fait sur les parties molles : le périnée. Le constat est simple, les selles traditionnelles sont inadaptées à la morphologie de l’homme. Tout le monde le sait et c’est pour cela que fleurissent de plus en plus des selles aux formes bizarres dont la plus connue est la selle Proust.

Daniel Proust a une histoire un peu particulière. Rien à voir avec les grands industriels des selles. Daniel Proust était cycliste, n°1 chez les amateurs (3 fois champions de France de contre la montre par équipe) et est passé professionnel chez Mercier en 69. Malheureusement pour lui, il ne continuera pas dans le peloton… Tout cela à cause d’un problème alors inconnu à l’époque : le bouchage de l’artère iliaque. C’est le Professeur Chevalier qui lui apprendra en 1983 les raisons de son échec chez les pros. Les progrès de la médecine (écographie, scanner…) lui révéleront exactement la nature de son problème. Ancien représentant pour des produits orthopédiques, il se décide alors à créer la selle Proust.

La selle Proust avec sa forme dirons-nous… peu orthodoxe est dépourvu de bec de selle et pivote sur elle-même.
Pourquoi supprimer le bec de selle ? Car c’est de là que viennent la plupart des problèmes. Quand vous faites du vélo, les muscles fessiers, ischio-jambiers et adducteurs se contractent lorsque vous appuyez sur les pédales mais sont comprimés. Même les selles creusées au milieu compriment les parties génitales, frotte et irrite l’entrejambe. Il nuit ainsi au bon fonctionnement vasculaire, musculaire et nerveux du cycliste et à son efficacité. Les problèmes liés à cette compression peuvent aller beaucoup plus loin qu’un simple « mal au cul » : Engourdissement, impuissance sexuelle, stérilité, varicocèle, épididymite, bursite, lymphoedème, hypertrophie des grandes lèvres, pathologies de la prostate, urétrite, lombalgie, blessures, kystes, furoncles, baisse de performances, endofibrose de l'artère iliaque primitive…
Et la rotation, à quoi sert-elle ? Elle permet le mouvement naturel du bassin. En effet, les jambes montent et descendent et le bassin ne peut bouger.

Pour notre essai, Daniel Proust nous a envoyé le modèle Ventoux
La selle et le tube de selle ne font qu’un élément, le tout fait 490 g. C’est loin d’être léger. L’installation sur le vélo n’a rien de compliqué : le tube dans le trou et le tour est joué. Il y a cependant un petit réglage à faire en vissant ou dévissant les trois amortisseurs sous la selle pour régler la hauteur, le recul et l’avancement.
Installé sur le vélo, c’est vrai qu’esthétiquement ça choque un peu et à la première sortie en groupe, on se fait un peu « vanner ». Pour info, on a le droit à : « t’as une selle de postier » « waouh, il a une selle prout » et « t’aurais pas oublié le bec de selle à la maison ? ». Mais après ces gentilles moqueries viennent souvent les questions : « et c’est bien ? car moi j’ai mal aux fesses ».
Aux premiers coup de pédales, on a l’impression que la tige de selle est mal serrée car cela pivote. Mais ce n’est pas une impression, cela pivote vraiment. Dans les premiers km, à cause de ce pivotement, on n’hésite un peu à lâcher le guidon (pour se ravitailler par exemple) mais au fur et à mesure des sorties, on s’enhardit. Plus de crainte à ce niveau. Sur le plat, l’oscillation diminue et devient même agréable car elle accompagne le mouvement des jambes. En côte, même constat, l’oscillation se fait plus grande, plus l’effort est important.
Pour ce qui est du triathlon, les longues chevauchées en solitaire ne sont à priori pas différente, le confort est certes plus présent. Pour ceux qui ont l’habitude de faire du « bec de selle », c’est sûr, ça change. D’habitude, les mains sur les prolongateurs, on se met régulièrement sur le bec de selle pour plus de confort. Impossible avec la selle Proust. Peut-être, faudra-t-il songer à réduire la potence.
Cependant, la selle est dotée d’une qualité là où on ne l’attendait pas : les transitions. En effet, sa petite oscillation s’avère être un bon allié pour les transitions rapides, au moment de la descente du vélo. Elle favorise même la course à pied. Pourquoi ? Parce que le mouvement de rotation fait fonctionner les lombaires avec des micros mouvements. De ce fait, ils ne sont pas « froids » pour la course à pied.

La selle Proust à certes un physique peu banal, mais si vous avez quelques douleurs aux niveaux du fessier, mettez vos à priori de côté et en selle !

Par Vincent Castañer

Contact: selle Proust

Prix: 159€

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