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La chance offre parfois de curieuses opportunités. Un soldat américain essayait depuis 1996 de gagner un dossard à Hawaii via la loterie. Il n'avait jamais été tiré au sort jusqu'à cette année. Mais pour Bill Conner, il y avait un hic, comme le raconte le site internet de l'Ironman.

L'officier est en effet en ce moment en mission en Irak. Difficile d'imaginer préparer Hawaii dans le camp retranché de Fallujah où il est stationné. Le major a pourtant décidé de relever le défi après s'être longuement interrogé.

Chaque année depuis qu'il s'inscrit pour le tirage au sort, Bill Conner a l'habitude de se connecter au site de l'Iromman pour connaître les résultats. Le 15 avril dernier, il n'en pas eu l'occasion, retenu par ses devoirs militaires. Il avait presque oublié qu'il avait rempli un formulaire pour la loterie. Alors, quand il a reçu un e-mail de l'Ironman lui signifiant qu'il était un des heureux élus, il a cru à une blague.

Après treize années d'espoir déçu, il était enfin choisi. Son rêve de participer à Hawaii prenait forme. Mais comment vais-je faire pour me préparer à un Ironman dans cet endroit ?, s'est-il demandé. Bill Conner n'est pas un néophyte. Triathlète depuis 1996, il a déjà bouclé deux Ironman (Coeur d'Alene et l'Arizona). Il sait donc ce que représente l'entraînement pour une telle épreuve.

Difficile d'imaginer le réaliser dans son camp de Fallujah. Aucun moyen de nager et pour courir et pédaler, cela s'avère très difficile. Il peut toujours enfourcher un VTT pour faire le tour de sa base, soit une sortie de 25' et réaliser des footings dans le camp. Avec le risque permanent d'être pris pour cible ou de s'exposer aux tirs de roquettes.

Le Marine connaît ces risques. C'est la quatrième fois qu'il sert dans cette base depuis 2004. En quatre années, il a passé autant de temps en Irak qu'aux Etats-Unis. En 2005, pendant un de mes footings, une roquette m'est passé au-dessus de la tête. Le lendemain, un obus de mortier est tombé au même endroit. Je me suis dit que c'était mauvais pour ma santé de courir à l'extérieur de la base.

Selon lui, les conditions de sécurité se sont nettement améliorées depuis. Aujourd'hui, il n'y a quasiment plus de tir de roquettes et de mortiers. Malgré, cela paraissait insensé de préparer Hawaii à Fallujah. Ses amis lui suggèrent de demander à l'Ironman de conserver sa place pour une autre édition. Le major décide de passer outre ces recommandations. C'est la chance de ma vie, assure-t-il.

Depuis, Bill Conner passe ses samedis soirs dans sa chambre, son vélo posé sur un hometrainer, devant une vidéo du parcours de Kona. Il pédale ainsi pendant 6 heures ! Sans oublier de couper la clim pour créer l'atmosphère chaude et humide si typique à Hawaii. Pour la course à pied, ses sorties ont lieu à la tombée de la nuit, à la lueur d'une lampe torche. A cette époque de l'année, la température extérieure peut monter jusqu'à 45°, avec des tempêtes de sable hebdomadaires. Pour la natation, il n'y a toujours aucune solution. Le Marine la remplace par de la musculation.

En septembre, le major bénéficiera de bien meilleures conditions d'entraînement. Il sera de retour au pays. Au moment de prendre le départ, il pensera sûrement à son incroyable préparation. Il a décidé de courir au nom des militaires morts en Irak et en Afghanistan, et spécialement au nom de trois de ses camarades de promotion. Je dédierai notamment mon marathon à Megan McClung, qui a couru à Hawaii en 2000 et 2001. Une chose est certaine, l'émotion sera à son comble si Bill Conner franchit la ligne d'arrivée le 11 octobre prochain sur Alii Drive.