Jo_aurelien.jpg
Photo: Christophe Guiard

Partie de Chine, la flamme olympique était hier à Paris. Parmi les 80 relayeurs, Aurélien Raphaël, Pascal Bildstein et Emmie Charayron représentaient le triathlon. Flamme éteinte, étapes supprimées, manifestants arrêtés…Le parcours de la torche olympique à été le théâtre de nombreux incidents. Le champion du monde junior et le vice-président de la FFTRI livrent leurs impressions sur leur journée mouvementée. Notre photographe Christophe Guiard a suivi l’évolution de la flamme à travers Paris et vous livre son reportage photographique.

" J’ai appris il y a trois mois que je serais relayeur, j’étais très heureux, mais plus l’échéance approchait, plus je me posais des questions", affirme Pascal Bildstein, l’élu fédéral. Et Aurélien Raphaël d’ajouter : " on a mangé tous ensemble le midi. C’était sympa de pouvoir rencontrer des grands sportifs. Ensuite, je suis monté dans l’un des cinq bus et j’ai pu voir ce qu’il en était. Nous devions courir chacun 300 m avec la torche, mais il en a été autrement. Des gens nous insultaient, nous jetaient des œufs et des mandarines."

Pascal Bildstein était quant à lui de 12h à 17h au stade Charlety sans radio, ni télévision. Seul les portables lui donnaient des informations sur ce qui se déroulait à l’extérieur. "Quand les relayeurs sont revenus au stade avant que nous partions, ils nous ont souhaité bon courage. La foule était plus qu’hostile, et la police était aussi très agressive. Les Chinois dirigeaient tout, ils détenaient les clés pour allumer les torches, ils refusaient que nous portions les badges « un monde meilleur » en descendant du bus. Nous avons protesté quand notre bus a fait demi-tour et quand on nous a annoncé que nous ne porterions pas la flamme."

De retour au stade Charlety, Aurélien Raphaël, qui n’a pas pu courir avec le flambeau, a allumé le chaudron avec les autres athlètes. "C’était un privilège, j’étais très ému", commente le jeune champion du monde. Le vice-président de la fédération de triathlon a eu une vision différente : "dans ces conditions, je ne suis pas déçu de ne pas avoir porté la flamme. J’aurais préféré qu’il y ait les anneaux olympiques plutôt que l'inscription « Beijing » sur nos tenues. Pascal Bildstein a quand même gardé un souvenir de cette journée en ramenant la torche chez lui…même s’il a dû la cacher dans un sac poubelle pour ne pas avoir de problèmes.

jo__france_2.jpg
Le cortège passe devant les studios de France Télévisions, où il devait s'arrêter quelques minutes. Ce ne fut pas le cas au grand dam de tous.

_jo_raspail.jpg
C'est à cet endroit qu'Aurélien Raphaël aurait dû porter la flamme. Il est resté finalement dans le bus.

jo_velib.jpg
Une manifestante pro-Tibet sur un Vélib' a réussi à s'intercaler dans le cortège à l'insu des forces de l'ordre.

_jo_chinois.jpg
Des supporters chinois étaient aussi présents le long du cortège.

_jo_charletty_.jpg
Tous les relayeurs de la flamme sont réunis sur un podium devant le stade Charléty.

_jo_manif_1.jpg
Aux abords de Charléty, des manifestants tibétains ont été interpelés par les forces de l'ordre. Ceux-ci ont été relâchés quelques minutes plus tard.