Photo d'archives : Christophe Guiard
Vous avez été extrêmement nombreux à participer à l'élection des athlètes de l'année. Organisé pour la première fois sur Internet, le vote a couronné Julien Loy comme athlète de l'année 2007. Le champion du monde Longue Distance a récolté plus d'un quart de vos suffrages. Il savoure sa victoire.

Triathlete : Pour la première fois de ta carrière, tu es élu athlète de l'année par les lecteurs de Triathlete Magazine. Quelle est ta réaction ?
Julien Loy : C’est une marque d’intérêt qui me touche beaucoup et je ne peux que remercier les lecteurs de Triathlete Magazine. Même si je me doute que mon titre de champion du monde y est pour beaucoup, je suis tout de même surpris par ce plébiscite ca l’habitude, jusqu’à ce jour, a été de saluer davantage les performances des athlètes du Courte Distance. C’est pourquoi je ne suis que plus honoré de cette élection.
Le podium de l'élection est trusté à 100 % par des athlètes du Long. Qu'en penses-tu ?
En tant qu’athlète du Long, j’en suis le premier satisfait. Il me semble que c'est assez logique, tant 2007 pouvait laisser présager ce type de tendance ou de résultats. En effet, d’un coté, on a vu sur le devant de la scène les athlètes deLong, lesquels ont gravi une marche supplémentaire dans leur progression constante sur les format Ironman (Alexandra Louison et Patrick Vernay y sont ici pour beaucoup) que ITU (le triplé tricolore à Lorient parle de lui–même). De l’autre, étant en année pré - olympique, je présume que nos collègues du Court ont du réaliser des charges de travail assez importantes en prévision des Jeux, qui bien souvent limitent le niveau de compétitivité dans l’instant mais qui occasionnent une surcompensation a posteriori. Bref, je pense que dans cette élection, les athlètes du Long ont été les bénéficiaires de deux tendances, une progression pour ce qui les concerne, et une moindre compétitivité assez compréhensible pour les athlètes du Court. A nous de travailler encore plus pour garder l’avantage en 2008…
Avec le recul, quels souvenirs gardes-tu de ta course de Lorient ?
Au risque de choquer, cela a été une course simple. Ça ne veut pas dire que cela a été facile, car l’intensité de l’effort était bien là. Mais il faut entendre par là que tout s’est déroulé de la meilleure des manières, dans un schéma de course très favorable pour moi. C’est vrai aussi que je m’étais préparé à devoir faire un gros retour de l’arrière à l’issue du vélo. Et comme cela n’a pas été le cas, je pense que c’est pour cela que les choses me sont parues moins complexes. Maintenant, je suis conscient du caractère unique ou exceptionnel des circonstances de course et c’est pour cela que j’apprécie cette course à sa juste valeur. Enfin, cette course aura été pour moi source de beaucoup de plaisir et de satisfaction. Source de plaisir, parce qu’elle s’est tenue en France et que j’étais supporté par toute ma famille. Satisfaction, car ce titre récompense beaucoup d’investissement et d’implication. Bien qu’étant comblé par cette performance, j’ai maintenant tourné la page et me projette vers l’avenir.
Certaines mauvaises langues ont dit qu'il s'agissait plus d'un championnat de France qu'un Mondial. Que leur réponds-tu ?
A regarder le podium, ce constat n’est pas faux. Mais on ne va pas mettre un couteau sous la gorge à tous les athlètes pour qu’ils daignent participer aux mondiaux ITU. Je pars du principe que cette course est ouverte à tous les élites et que les absents ont toujours tory, tout comme certains, dont je suis, on eu tory de ne pas s’aligner sur l’Ironman d’Hawaii. L’enjeu n’est pas de dire qui est le triathlète le plus fort au monde, mais bien davantage d’être le plus rapide sur une course reconnue par la fédération internationale et qui attribue le titre de champion du monde Longue Fistance. Quoi qu’on en dise, ce 15 juillet 2007, à Lorient, les Français ont été les plus rapides.
Six mois plus tard, que t'a apporté ton titre en matière de médiatisation, de contrats, de reconnaissance du milieu ?
C’est vrai que cela m’a apporté un peu de médiatisation, tout comme cela a été un élément de poids dans mes démarches de recherche de partenaires. Par ailleurs cela a engendré pas mal de reconnaissance à mon égard de la part du milieu sportif, et cela est très touchant. Mais avec le recul, je me dis que ce titre a certes attiré l’attention, mais qu’on m’attend désormais beaucoup sur ce qui va suivre. Et c’est vraiment cela que je ne veux pas rater. Ce titre n’est en fait qu’un premier élément de valorisation des performances que je serai peut être capable de réaliser par la suite.
Tu as fait quelques courses après le Mondial. Quelle a été la réaction des triathlètes dans les parcs à vélo ?
J’ai reçu beaucoup de messages de félicitation. Mais aussi beaucoup de personnes m’ont dit qu’elles étaient convaincues que je remporterai le titre. Et cela fait très plaisir. Je me suis peut être rendu davantage compte de l’impact de ce titre à Embrun, haut lieu du longue distance. Que ce soit avant la course ou pendant, j’ai vraiment eu le sentiment qu’un tour d’honneur, comme cela peut se faire en athlétisme, se prolongeait suite à Lorient. J’ai vraiment été touché par ces témoignages de sympathie, et j’ai aussi pris conscience d’avoir endossé plus qu’un titre, une certaine responsabilité, celle de bien faire.
Quels seront tes objectifs principaux en 2008 ?
Avant tout de conserver mon titre mondial en août à Almere (ndlr : 31 août, Hollande). J’aurais aussi à cœur de reconquérir à Belfort, le titre national que je n’ai pas pu défendre à Gérardmer (ndlr : victimen d'une intoxication, Julien avait déclaré forfait). Ensuite, je pense faire mes débuts sur Ironman dans un premier temps pour apprendre, mais aussi pour progresser encore sur les distances inférieures. Par ailleurs, même si tout n’est pas encore caler, le calendrier 2008 se prête assez bien à ce que je puisse tenter ma réelle première expérience sur cette distance. Je pense aussi que cela est compatible avec le mondial LD ITU et que cela rendra la montée en puissance dans ma saison d’autant plus cohérente.
En septembre, tu avais évoqué l'idée d'entrer dans la course olympique. Quelle a été la suite de ce projet ?
C’est vrai que ce sujet a été nourri de quelques déclarations et de certaines rumeurs. Pour avoir une réponse claire et précise, j’ai interrogé la DTN sur l’éventualité de la réouverture du groupe olympique. Après deux mois de réflexion, il m’a été précisé que cela ne serait pas possible. D’une part, parce que l’incorporation de nouveaux athlètes, ce qui n’était pas prévue dans le processus initial de qualification, pourrait déstabiliser l’ambiance du groupe de sélectionnables. D’autre part, parce que d’un point de vue arithmétique, il allait être compliqué pour moi de remplir les critères d’éligibilité ITU (ranking olympique ITU). Je savais que ma demande était complexe, mais je m’en serais voulu de ne pas avoir poser la question. Maintenant les choses sont claires, et je peux me projeter sereinement vers l’avenir. Encore une fois, merci encore à toutes et tous pour cette marque d’intérêt que constitue mon élection en tant qu'athlète de l'année. Bonnes fêtes de fin d’année.

RETROUVEZ L'ENSEMBLE DU PALMARÈS ET LES RÉSULTATS COMPLETS DE L'ÉLECTION DES ATHLÈTES DE L'ANNÉE DANS LE NUMÉRO DE JANVIER DE TRIATHLETE MAGAZINE, EN VENTE DÉBUT 2008

Le podium

  1. Julien Loy
  2. Alexandra Louison
  3. Patrick Vernay

Les vainqueurs Adidas Eyewear
L'élection des athlètes de l'année 2007 était parrainée par Adidas Eyewear qui offrait une paire de lunettes Supernova (prix public conseillé : 151 €) à dix votants tirés au sort. Voici les gagnants :
Stéphane Catalot (Val de Gray) / Nadine Combasteil (Brive) / Jean-Francis Gagneraud (Rennes) / Georges Esquembre (Béziers) / Charline Houillon (Autun) / Mickael Grasmuck (Sedan) / Fabien Martin (Chambéry) / Sylvain Soulabail (Pontivy) / Laurent Salleron (Saint-Etienne) / Philippe Troussey (Romans)