Photo d'archives : Christophe Guiard

Patrick Vernay a surpris tout son monde en participant et surtout en gagnant l'Ironman de de Busselton, fin novembre en Australie. Vainqueur en avril d'un autre Ironman au pays des kangourous, 10e à Hawaii, le Néo-Calédonien a été sans conteste le meilleur Français en Ironman. Le sociétaire de Beauvais revient sur sa fin de saison en trombe et se projette sur 2008.

Triathlete : on ne t'attendait pas à l'Ironman de Busselton qui arrive si tôt après Hawaii.
Patrick Vernay : J’ai été invité à venir courir à Busselton dès le mois de juin par les organisateurs australiens, après ma victoire à Port Macquarie le 2 avril. Je leur avais dit que j'étais incertain dans la mesure où je participais à Hawaii sept semaines avant et que je leur communiquerai ma réponse lors de la troisième semaine d’octobre. Après Hawaii, ils n’ont pas tardé à me relancer. J'ai finalement accepté le 22 octobre. Ma récupération se faisait sans souci et la reprise de l’entraînement ne se passait pas si mal physiquement même si la motivation avait un peu disparu.. J’ai convaincu mon père de m’y accompagner pour s'occuper de la logistique et c’est comme ça que j’ai débarqué à Busselton le 30 novembre.
Ce crochet de dernier miniute à Busselton te permet de finir remarquablement ta saison.
2007 s’est terminée comme elle avait commencé, par une victoire en Ironman en Australie avec entre ces huit mois, un deuxième Top 10 à Hawaii. Le chrono de 8h06 (ndlr : à Busselton) est également une satisfaction. La régularité dont j’ai fait preuve sur mes marathons en Ironman (ndlr : moins de 2h50 à chaque fois) est encourageante. À chaque occasion, j'ai réussi aussi un vélo correct sauf à Hawaii où j’ai eu quelques soucis en début de course pour me mettre tout de suite en jambes . Cela a malheureusement été plus que préjudiciable à l’issue des 180 km. Mais bon, il est difficile d’être chaque fois en super forme le jour J. Al Sultan et Stadler en savent quelque chose. Je n'aurais jamais réalisé cette belle saison sans tous ceux qui m’ont fait confiance et qui m’ont encouragé, qu’ils fassent partie de ma famille, de mes amis, de mon club, de mes sponsors et des différents médias de Nouvelle Calédonie ou de métropole.
Avec ce nouveau Top 10, penses-tu avoir acquis un nouveau statut ?
D’un point de vue médiatique, j’ai senti que mes résultats faisaient plaisir à tous les Français férus d’Ironman. Les nombreux messages de soutien et de félicitations que j’ai reçus ont largement contribué à ma réussite de cette année. Bien évidemment la saison aurait pu être encore meilleure si j’étais professionnel. Mais je n’ai toujours pas les moyens de me consacrer exclusivement au triathlon pendant un an ou deux comme je le souhaiterais. J'imaginais que cette médiatisation accrue attirerait les mécènes. Il n’en est rien. Il est difficile de pouvoir vivre de cette passion, même à mon niveau. Si ces quelques lignes pouvaient intéresser un généreux futur partenaire, je n’y serai en aucune façon opposé ! En attendant je profite de cette petite période de repos auprès de ma famille pour démarcher un peu de nouveaux sponsors qui pourraient enfin me permettre de mener à terme mon projet sportif pour 2008.
Comment se dessine la prochaine saison ?
L’objectif majeur reste Hawaii. L’an dernier, en terminant 10e , il me suffisait de finir un Half ou un Ironman dans l’année pour entériner ma qualification. Je suppose que cela n’a pas changé. Je l’espère... Je n’ai donc pas pris mon slot à Busselton, comme je ne l’avais pas pris non plus à Port Macquarie en avril. J’ai à présent l’esprit libre pour 2008, je vais pouvoir me concocter un calendrier plus serein. J’envisage de courir à nouveau trois Ironman l’année prochaine mais je n’ai pas arrêté mes choix pour le moment. Le championnat de France à Belfort (1er juin) pourrait être à mon programme également mais là encore, rien n’est sûr. Je ferai peut-être le Mondial s'il se dispute sur un format C. En revanche, si c’est pour faire un long CD de 3h30 comme l’an dernier à Lorient, je ne serai pas au départ même si je me qualifie. Pour les courses dans l’hexagone, j’aimerais à nouveau être au départ du triathlon de Beauvais pour remercier mon club et les sponsors qui s’investissent à nos côtés. Pour le reste, j’ai encore un bon mois devant moi pour tout planifier. J’arrêterai mon programme mi-janvier.