hawai_conf_de_presse.jpg

(d'un de nos envoyés spéciaux) La rencontre était attendue avec impatience et gourmandise. Après s'être copieuseument "chauffés" par médias interposés, les Allemands Normann Stadler et Faris Al Sultan d'un côté, l'Australien Chris McCormack de l'autre avaient l'occasion de se mesurer face-à-face aujourd'hui lors de la conférence de presse. Surprise, Macca ne s'est pas présenté devant la presse.

Photos : Christophe Guiard

Evidemment, la première question a été de demander aux athlètes germaniques ce qu'ils pensaient de l'absence de leur meilleur ennemi. Leur réponse ? Aucun n'a dit un mot, se contentant d'un sourire narquois. La confrontation aura donc lieu samedi, sur le parcours. Après tout, c'est le seul moment de vérité. Les Allemands sont apparus sereins aujourd'hui devant la presse.
J'ai me suis imposé deux fois, j'ai moins de pression que ceux qui n'ont jamais gagné, a assuré Normann Stadler. De toute façon, la pression ne me gêne pas. J'aime cela. Elle me transcende. Sans surprise, le tenant du titre a dévoilé une partie de sa tactique. Je vais essayer de partir le plus vite possible à vélo, mettre la pression sur mes adversaires dans la première heure. Cela suppose de sortir devant en natation.
Sa prestation l'an dernier a suscité une légère polémique. Réputé nageur moyen, il avait accompagné les meilleurs dans le Pacifique, notamment grâce à l'utilisation d'une fine combinaison (ndlr : la Blue Seventy). On a beaucoup parlé de cela, reconnaît-il. Mais cela n'explique pas que par rapport aux années précédentes, j'ai gagné quatre minutes. Cela est aussi dû au travail.

hawai_conf_de_presse_1.jpg

Rutger Beke, lui, a dénoncé l'usage de cette combinaison. Ce serait mieux pour le sport si elle était interdite. Mais comme elle est autorisée et que tous les pros vont la porter, je suis obligé de l'utiliser. Pour l'Américaine Desiree Ficker, 2e l'an dernier, ce débat n'a pas lieu d'être. Le matériel évolue dans le vélo et dans le running. Pourquoi ne devrait-il pas changer en natation ? Je ne vois pas pourquoi on devrait interdire les progrès technologiques dans cette discipline.
Faris Al Sultan n'est pas intervenu dans la discussion. En revanche, interrogé sur sa tactique plus prudente la saison passée qu'en 2005 (année de sa victoire), il l'a expliqué par une fatigue due à un calendrier trop chargé et une attention médiatique très forte. J'étais un peu fatigué. Je n'avais pas les moyens d'attaquer. Les aura-t-il samedi ? L'Allemand n'a rien dit.
Chez les femmes, Michellie Jones a semblé à la fois détendue et confiante. Sa blessure n'est plus qu'un mauvais souvenir. Elle m'a permis de souffler et de trouver une nouvelle motivation après une saison 2006 fantastique. Comme toujours, les favoris sont apparus confiants devant la presse. Mais leurs déclarations, aussi positives soient-elles, ne présagent en rien de leur forme ou de leur méforme. De même, l'absence de McCormack a la conférence de presse peut difficilement être interprétée.

Stéphane Lanoue