(de notre envoyé spécial). Si la logique mathématique est respectée, Frédéric Belaubre sera champion du monde cet après-midi à Hambourg. Depuis 2003, le Français a toujours progressé d'au moins deux places à un Mondial. 8e en 2003 en Nouvelle-Zélande, 5e en 2005 au Japon, 3e l'an dernier en Suisse. Seule exception, 2004 au Portugal. Mais cette année-là, il était déjà qualifié pour les Jeux d'Athènes et n'avait pas vraiment préparé l'événement.

Photo : ITU

C'est une toute autre histoire aujourd'hui. Le sociétaire de Beauvais quête comme tous les autres un dossard olympique et le Mondial de Hambourg constitue une étape importante, les points étant doublés par rapport à une Coupe du Monde. Je vise le podium, reconnaît-il. Vu ma place de l'an dernier, j'aimerais en gagner une ou deux. Toutefois, le n°1 français refuse de faire de cet halte allemande un enjeu crucial. Cette saison, mon objectif prioritaire est la Coupe du Monde de Pékin (ndlr : qu'il a gagnée en 2006.
Frédéric Belaubre s'est préparé en conséquence, mettant notamment l'accent sur le vélo et la course-à-pied qui sont fondamentales sur le parcours de Pékin. C'est moins vrai à Hambourg, du moins pour la partie cycliste. C'est tout plat. Il y aura probablement des attaques des meilleurs cyclistes. On risque toutefois de poser le vélo en peloton. Une situation qui, selon lui, ne l'avantage pas face aux meilleurs à pied. Malgré tout, il a déjà pris le dessus sur ces derniers, notamment sur Javier Gomez, considéré comme le grand favori.
Et un de ses points forts est son mental. Frédéric Belaubre ne craint personne en particulier, pas même la terreur espagnole qui lui a chipé son titre continental. Gomez est très costaud mais je ne fais pas une fixation sur lui. Je peux le battre. Je l'ai déjà fait à Pékin l'an dernier. Lors de leur dernière confrontation, à la Coupe du Monde de Tiszaujvaros (Hongrie), c'est l'athlète ibère qui a pris le dessus. Le pensionnaire de Sartrouville s'était imposé avec quelque 20 secondes sur le tricolore (3e).
Mais j'étais en pleine préparation, tempère le Français. A Hambourg, il se pointe au pic de sa forme après un entraînement de forcat. Je suis allé quatre semaines en montagne, à Morzine puis à Font-Romeu. J'ai poursuivi ma préparation à Saint-Raphaël. Au menu, du travail musculaire et beaucoup de vitesse. Frédéric Belaubre n'a pas compté son temps. Certains jours, je me suis entraîné près de 7 heures. C'était de la boucherie ! Franchement, je n'ai jamais suivi un entraînement aussi dur.
Il aborde ce Mondial gonflé à bloc. D'autant plus que ses derniers résultats ont effacé un début de saison gâché par une blessure récurrente au pied gauche. Chmapion de France pour la quatrième fois, il s'est offert deux podiums en Coupe du Monde : 3e à Tiszaujvaros et 2e à Kitzbuhel (Autriche). Si ses résultats ne l'ont pas rassuré (je n'en avais pas besoin, précise-t-il), ils lui ont apporté une vraie sérénité. De quoi chasser la pression inévitable sur ce type d'événement. Avec l'expérience, je commence à bien la gérer, confie-t-il.
Physiquement et mentalement, Frédéric Belaubre est prêt pour conquérir le Graal mondial. Les autres favoris aussi. En cas d'échec, il n'en fera pas une maladie. Le plus important est d'être présent le jour J. Celui des Jeux.