(de notre envoyé spécial). Daniel Unger n’était pas l’Allemand le plus cité pour devenir champion du monde dans son pays. Le nom de Jan Frodeno revenait plus souvent. En raison peut-être de la 2e place de ce dernier à l’Euro. C’était oublié que Unger avait pris la médaille de bronze en juin dernier au Danemark.

Cette fois, c’est l’or qu’il a décroché. Dans un Mondial, disputé à la maison devant plus de 200 000 spectateurs et des millions de spectateurs rivés sur les chaînes ZDF et ARD qui diffusaient l’épreuve en direct. C’est dire le bonheur du sociétaire de Beauvais. Un bonheur d’autant plus grand qu’il a battu le grand homme de cette saison, l’Espagnol Javier Gomez.
Ce dernier paraissait imbattable à pied. A moins de 1,5 km de l’arrivée, la victoire semblait lui tendre les bras. Il avait distancé Daniel Unger, le dernier concurrent à lui résister. Mais il ne possédait qu’une quinzaine de mètres d’avance. Et c’était sans compter sur la rage de l’Allemand, porté par un public en transe. Petit à petit, il revenait sur les talons de l’Ibère pour le déposer dans les derniers hectomètres. Gomez n’avait que ses yeux pour pleurer.
Cependant, il monte sur le podium ce qui, dans un championnat du monde, est toujours une grande performance. Le commentaire vaut aussi pour Brad Kahlefeldt. L’Australien du Racing s’offre une belle médaille de bronze après avoir longtemps accompagné Unger et Gomez. Mais ces deux-là couraient décidément trop vite pour les autres, et notamment pour les Français.
Avec un Tony Moulai en 12e position comme meilleur tricolore, on peut penser que les Bleus ont été peu en vue à Hambourg. C’est faux. Ils ont montré la trifonction mais cela n’a pas marché. Tout avait commencé par Stéphane Poulat et Frédéric Belaubre, respectivement 2e et 4e à sortir de l’eau, en compagnie d’Andy Potts (Usa) et Gomez. Les quatre s’offraient un petit tour d’échappée avant d’être ramené à la raison.
Le reste du vélo se résumait ensuite à quelques escarmouches vite tuées dans l’œuf. La seule significative était signée Stéphane Poulat. Dans le sixième des huit tours, il s’échappait et roulait en tête quasiment jusqu’au parc avant d’être happé par la meute. Quelque quarante concurrents s’élançaient donc en bloc pour la course à pied.
Très vite, les gazelles prenaient le large. Parmi eux les Allemands Unger, Frodeno et Petzold, les Anglais Don, Hayes et Clarke, les Néo-Zélandais Docherty et Gemmel, l’Australien Kahlefeldt et le Français Tony Moulai. Ce dernier accompagnait les meilleurs pendant deux tours avant de lâcher comme beaucoup. L’écrémage, du au rythme d’enfer de Gomer, se fait naturellement au fil des kilomètres. Huit, cinq, trois puis deux à 2 km de l’arrivé. La suite, vous la connaissez. Unger, un moment à la peine, trouvait les ressources pour revenir sur Gomez et le dépasser.
Côté français, hormis la 12e place de Tony Moulai, les performances sont assez quelconques. Le fait du jour est surtout l’incroyable déboire de Frédéric Belaubre, scotché au bitume et 40e à l’arrivée.

Le Top 10
1 Daniel Unger (All) 01:43:18
2 Javier Gomez (All) 01:43:22
3 Brad Kahlefeldt (Aus) 01:43:35
4 Simon Whitfield (Can) 01:43:40
5 Will Clarke (Gbr) 01:43:44
6 Jan Frodeno (All) 01:43:57
7 Terenzo Bozzone (Nzl) 01:44:04
8 Stuart Hayes (Gbr) 01:44:07
9 Bevan Docherty (Nzl) 01:44:22
10 Tim Don (Gbr) 01:44:27
Les Français
12 Tony Moulai 01:44:45
18 Cédric Fleureton 01:45:02
21 Samuel Pierreclaud 01:45:12
28 Laurent Vidal 01:45:34
30 Stéphane Poulat 01:45:38
40 Frédéricd Belaubre 01:46:23