Ça passe ou ça casse. Voilà à quoi ressemble grosso modo le mode de sélection américain pour les prochains Jeux Olympiques. La fédération US vient de dévoiler ses critères. Ils sont radicaux, très éloignés de ceux choisis par la France.
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Les techniciens américains ont en effet retenus trois Coupes du Monde, pas une de plus, pour choisir leurs athlètes. Avec pour les deux premières une solution radicale : l'Américain le mieux placé est qualifié automatiquement, chez les hommes comme chez les femmes. Les deux épreuves sont la prochaine étape à Pékin (15 septembre) puis la manche d'Honolulu (26 avril 2008).
L'étape de Pékin sera très disputée et servira pour plusieurs pays de course qualificative. Les athlètes qui se qualifieront à cette occasion auront ainsi une année entière pour se préparer aux Jeux. C'est une excellente manière de voir comment ils se comportent sur le site olympique, dans un environnement qu'ils retrouveront en 2008, note Scott Schnitzspahn, le directeur du haut niveau aux États-Unis. Quant aux deux autres courses que nous avons retenues, ce seront les athlètes les plus forts qui s'y imposeront. S'ils sont faibles dans une discipline, ils ne pourront pas se cacher. S'ils échouent à Pékin et Honolulu, les postulants auront une dernière chance : à Des Moines (Iowa), le 22 juin 2008. Cette fois, le mode de sélection changera. Les troisièmes dossards seront attribués selon un système de points, qui prendra en compte les deux meilleurs résultats des athlètes lors des trois épreuves qualificatives.
Le choix des trois Coupes du Monde ne doit rien au hasard. Le choix de Pékin est évident. C'est le site où se dérouleront les Jeux, explique Scott Schnitzspahn. À Honolulu, le parcours vélo a du relief, celui de la course à pied est plat et la natation se fait sans combinaison, comme en Chine. Quant à Des Moines, le climat est humide, chaud, comme à Pékin. Et le plateau est toujours très relevé (ndlr : en raison notamment de l'énorme prize money). Si nos athlètes rivalisent à cette occasion avec les meilleurs mondiaux, ils peuvent le faire aussi aux Jeux.
Reste à savoir quels athlètes passeront avec succès les embûches qui mènent à Pékin. Chez les hommes, ils sont huit à postuler : Hunter Kemper, Andy Potts, Matt Reed, Jarrod Shoemaker, Brian Fleischmann, Doug Friman, Mark Fretta et Joe Umphenour. Quasiment tous peuvent rêve d'un dossard olympique compte tenu du mode de sélection. Les femmes sont aussi nombreuses sur la ligne de départ (Laura Bennett, Julie Swail, Sarah Haskins, Sara McLarty, Sarah Groff, Margaret Shapiro, Joanna Zeiger, Joe Umphenour) même si les trois premières citées partent avec un a-priori favorable.
Les Américains auront le couteau sous la gorge en Coupe du Monde. Cela promet du spectacle. Les États-Unis veulent emmener des guerriers aux prochains JO. Alors qu'ils constituent, et de loin, la plus grande nation de triathlon en nombre de pratiquants, ils n'ont décroché qu'une médaille en deux olympiades (ndlr : le bronze à Athènes avec Susan Williams). Ils veulent étoffer leur palmarès. Mais ils ne sont pas les seuls. La France, autre place place du triathlon, n'a aucune médaille olympique.