Le port des bas de contention est devenue monnaie courante. À quoi servent ces chaussettes un peu spéciales ? Comment les utiliser ? Conseils.

Par le Dr Marc Fortier-Beaulieu

Avant d’évoquer ce nouveau type de chaussettes, il faut expliquer le fonctionnement de la circulation des membres inférieurs. Elle a des particularités hydrauliques qui la rendent plus difficiles que celle des autres organes.
La première chose à visualiser est qu’entre le cœur et le bout des pieds, il peut y avoir jusqu’à plus de 1,20 m, soit la pression hydrostatique d’une colonne d’eau de 120 centimètres. C’est énorme. La pression sanguine du sang qui arrive par les artères compense largement celle du retour qui est veineuse. De plus, l’organisme a prévu un système de petites écluses successives, des valves, qui divisent la colonne de liquide par fragments de 15 à 20 centimètres. En principe donc, le sang, qui arrive aux muscles par les artères et qui apporte oxygène et glucose, remonte facilement dans les veines, chargé de gaz carbonique et de déchets divers.
Mais il y a une autre particularité à comprendre. Il y a deux réseaux de circulation veineuse de retours dans les jambes : un réseau profond au milieu des muscles, et un réseau superficiel entre la peau et les muscles (ce sont les belles veinasses des triathlètes bien affûtés !).
Le réseau profond est enfermé avec les muscles dans un sac inextensible : chaque contraction musculaire, en augmentant le volume du muscle dans le sac inextensible, comprime les veines profondes et fait remonter le sang de valve en valve. Pour le réseau profond il n’y a donc pas de soucis, sauf si vous avez un problème d’absence de valvules ou des antécédents de phlébite. En revanche, le réseau superficiel n’a pas de système de pompe musculaire comme le profond, car il n’est pas dans un sac inextensible (pincez votre peau, vous verrez qu’elle vient facilement)… En cas de mauvaise circulation, le sang a tendance à stagner dans les « veinasses » ; il est donc moins bien décrassé des déchets de l’effort. D’où l’idée de porter des chaussettes de contention pour améliorer la récupération !
Les chaussettes élastiques créent une enveloppe serrée autour des mollets et aplatissent les veines superficielles. Lorsqu’elles se remplissent, ces dernières bénéficient ainsi de l’effet de pompe lors de la contraction des muscles. Les effets sont connus pour les personnes atteintes de varices, de séquelles de phlébites (etc) et ont été extrapolés aux sportifs. Les personnes qui les ont expérimentées disent ressentir un effet de fraîcheur et une meilleure récupération.
Il existe deux types de chaussettes. Les unes pour la course, qui font manchon (il n’y a pas de pieds), les autres pour après l’effort (qui ont un pied). Ces dernières semblent avoir une plus grande utilité, notamment pour quelqu’un qui a des compétitions très rapprochées ou plusieurs épreuves le même jour. Tant que l’athlète court, le sang circule. Quand il est à l’arrêt, il n’a y a plus de contraction et la circulation s’effectue moins bien. Les chaussettes de contention peuvent lui permettre de retrouver plus rapidement une bonne circulation. Attention, elles peuvent ne pas convenir à tout le monde. Il est donc préférable d’aller avoir un médecin d’autant plus que celui-ci peut les prescrire et permettre ainsi le remboursement. À condition de présenter des troubles veineux ! Un petit effort reste à faire coté esthétique …