Après Grégory Rouault qui a opté pour les États Unis, un autre triathlete
tricolore a décidé de courir pour un nouveau pays. Il s’agit d’Aurélien
Lescure, qui a choisi de porter désormais les couleurs de la Turquie.
Que pensez-vous de cela ? Est-ce une bonne ou mauvaise nouvelle pour l'équipe de France qui préparera Rio ?
Faudrait-il pouvoir empêcher une telle initiative ou au contraire l'encourager ?
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Voici quelques extraits de l'interview réalisée par le rédacteur-en-chef, Olivier Berraud :
Triathlete : Pourquoi as-tu décidé de ne plus courir pour la
France ? Pourquoi as-tu choisi la Turquie ?
Aurélien Lescure : De par mon choix de faire des études d’ingénieur et mon
profil plutôt coureur et moins bon nageur, j’ai toujours été un peu à l’écart
de l’idéal recherché par la F.F.TRI. Malgré mes résultats en coupe du monde (2e
à Cozumel au sprint avec Gomez, 7e à Chengdu, 3e à Huatulco, 6e à Alanya) et
face à la densité du niveau en France, je n’ai pas été retenu dans le collectif
olympique cette année. Cela signifiait pour moi de ne toujours pas pouvoir
participer aux WTS, alors que je pense pouvoir performer sur ce circuit.
Sportivement, cela me frustrait d’être « bloqué » et de ne pas
pouvoir affronter les meilleurs mondiaux alors que mes résultats et mon classe-
ment mondial me le permettaient. (plus de détails sur http://
aurelien-lescure.onlinetri.com ou sur ma page FB). Le chan- gement de
nationalité n’est pas une chose facile. La Turquie recherchait des athlètes
capables de les représenter aux JO et a été intéressée par mon profil. Son
projet m’a plu. C’était une belle opportunité pour moi de poursuivre ma
carrière sportive au plus haut niveau sans être bloqué.
Quand pourras-tu porter les couleurs de ton nouveau pays ?
Quelle est la règle internationale ? Faut-il un accord de la F.F.TRI
?
Je pourrai normalement courir sous les couleurs de la Turquie à partir du 6
octobre 2015 (sous réserve de l’accord écrit de la F.F.TRI., que je n’ai eu
pour l’instant qu’oralement). Sans accord du pays quitté, le délai est de 3 ans
avant de pouvoir représenter une nouvelle nation. Il faut bien entendu que j’ai
également la citoyenneté du nouveau pays, ainsi qu’un domi- cile là-bas, d’où
de nombreuses démarches administratives.
Ne crains-tu pas les critiques des triathlètes français ? En
as-tu déjà reçu ?
Oui évidemment, ce choix ne peut malheureusement pas être compris par tous. Les
gens qui ne me connaissent pas, ne savent pas ce que j’ai vécu... et il est
difficile de savoir ce qu’on aurait fait à la place de quelqu’un. Je ne leur en
veux pas, chacun vit sa vie comme il l’entend du moment qu’il ne fait de mal à
personne. Moi, j’ai choisi de vivre ma passion à fond et c’était une belle
opportunité qui s’offrait à moi. Néan- moins, les détails de l’explication que
j’ai donnée sur mon site internet ou ma page facebook ont permis au plus grand
nombre de comprendre. J’ai reçu beaucoup de message de soutien dans cette
décision difficile.

