Discipline en pleine expansion, le trail est à la course à pied ce que le
VTT est au cyclisme. Une autre façon de pratiquer, dans la nature et davantage
axée sur le plaisir que sur le chronomètre. Dans un contexte de fin de saison
et alors que tous vos objectifs majeurs sont maintenant derrière vous (ou
presque), c’est le moment de vous laisser tenter par cette
discipline.
Par Benoît Valque www.trainingattitude.com
Que du bonheur Après une longue saison, voire éprouvante
pour certains, le trail doit symboliser le sport plaisir. Il s'agit d'une
activité de pleine nature, plus plaisante que les parcours urbains. Les tracés
sont souvent un régal pour les yeux et bousculent les habitudes. C’est
l’occasion de terminer la saison sur une note différente, de penser à autre
chose, de varier les plaisirs… tout en progressant.
Excellent pour la condition physique
Octobre et novembre sont souvent dédiés à la récupération. Terme politiquement
correct qui cache bien souvent une réalité peu réjouissante : relâchement,
prise de poids, détérioration de la condition physique, démotivation etc.
Préparer un trail pour le début de l’automne permet de maintenir une activité
physique. Le corps et l’esprit restent en éveil. En vous fixant un objectif à
court terme, vous rester mobilisé et évitez ainsi le traditionnel
laisser-aller. Est-ce pour autant risqué d’un point de vue physique de ne pas
couper ? Tout est une question de logique. D’une part, vous allez
sérieusement lever le pied en natation et à vélo. D’autre part, vous pourrez
prendre le temps de relâcher quelque peu après le trail. Il n’est donc pas
question de rester concentré à 200% comme en pleine saison. Abordez toujours ce
trail dans le cadre d’une fin de saison plaisir.
Une bonne préparation
Comble de bonheur, le trail est une très bonne préparation pour les
spécialistes du Long. En augmentant votre volume kilométrique en course à pied
(dans la préparation de cet objectif), vous allez nécessairement franchir un
cap dans cette discipline. Une fois votre préparation
« triathlétique » 2009 débutée (courant décembre), il s’agira de
gérer cet acquis, ces progrès tout en axant votre entraînement sur les deux
autres disciplines. Pour les spécialistes du Court, le trail reste une bonne
préparation et un moyen sympa de boucler la saison. Mais ne vous engagez pas
sur des trails de plus de 25 km si vous n’envisagez pas de basculer sur du
Long. En effet, vous allez « diéseliser », c’est-à-dire perdre quelque peu
votre vitesse de base. Cette épreuve ne vous apportera au final que de la
fatigue qu’il faudra gérer par la suite.
Avec quel entraînement ?
Si vous souhaitez être performant ou, tout du moins mettre toutes les chances
de votre côté, ne vous consacrez qu’à cela pendant six à huit semaines. Une
fois le dernier triathlon terminé, prenez quelques jours de repos complet (3 à
5) puis basculez sur la préparation de votre trail. Maintenez quelques séances
en natation et à vélo (ou VTT). Une séance hebdomadaire dans chaque discipline
par exemple. Pour le reste, attelez vous à une vraie préparation trail, un peu
à l’image des marathoniens de l’automne qui se consacrent quasi exclusivement à
la course sur route pendant deux à trois mois avant de reprendre le fil de leur
préparation triathlétique.
Les séances-clé
Un bon coureur ne fait pas nécessairement un bon traileur. La spécificité du
trail demande une préparation spécifique. Bien entendu, les séances classiques
restent de mise : entretien de la vitesse et de la VMA. Vous en connaissez
maintenant tous les rouages. Vous n’y échapperez pas si vous souhaitez être
performant. Attardons-nous sur le côté spécifique de la préparation. En premier
lieu, des sorties longues réalisées dans un contexte spécifique trail,
c’est-à-dire sur des circuits très accidentés, sont indispensables. Ces séances
peuvent durer de 1h30 à 2h30, selon la distance préparée. Elles constituent la
base de la préparation. Elles permettent d’accumuler du dénivelé, d’aborder
l’alternance marche / course et de vous placer dans les conditions spécifiques
(terrain instable, changements de rythme, descentes). Par ailleurs, le travail
en côte s’avère très important : 10 à 15 côtes de 20 à 40 secondes
(récupération 2 à 3 minutes) montées d’une manière très tonique. Vous
travaillerez à la fois le placement, le renforcement musculaire et la technique
de pied. Au fil des semaines, augmentez la durée de l’effort tout en diminuant
le temps de récupération (45'' d’effort / 1’30 de récupération puis 1’ d’effort
/ 1’ de récupération) pour travailler d’autres filières tout en gardant un bon
travail musculaire et technique. Les séances proposant des intensités proches
du seuil anaérobie peuvent également être entreprises sur des parcours très
escarpés, de manière à placer l’organisme dans des conditions similaires à la
compétition. A ce propos, la meilleure préparation serait de participer à un
trail plus court dans les semaines à venir. Des séances en nature permettant de
vous familiariser avec le dénivelé peuvent s’avérer intéressantes. Tournez sur
un petit parcours comprenant deux côtes. Vous pourrez ainsi alterner les
intensités avec un contenu du genre : une montée rapide / une descente
souple / une montée souple / une descente rapide et ainsi de suite. Idéal pour
que votre organisme s’adapte à l’accumulation du dénivelé et à la répétition
des descentes. Attention, ce sont les descentes qui causent le plus de lésions
musculaires car la contraction de type excentrique est poussée à l’extrême (il
faut retenir tout le poids du corps). En résumé, retenez cette règle
simple : toutes les séances générales (vitesse, VMA, footing de
récupération) peuvent être réalisées sur route ou sur piste. Pour le reste,
tout le travail spécifique (sorties longues, accumulation du dénivelé, travail
spécifique des côtes et des descentes, seuil) doit être entrepris sur des
parcours de trail.
Comment gérer l'après-trail ?
Limitez la course à pied à quelques petits footings pendant un mois tout en
axant vos efforts sur la natation. En parallèle, reprenez progressivement le
vélo. Six semaines après le trail, vous pouvez revenir à un équilibre entre les
trois disciplines. C’est ce que nous pourrions appeler « la coupure
alternative ». Pour les accros à l’endorphine, pour ceux d’entre vous qui
éprouvent les pires difficultés à couper, pour ceux qui conçoivent le sport
douze mois dans l’année, c’est la méthode idéale.
