Quel examen dois-je passer en cas de blessure ? Une radio, une Irm, une scintigraphie ? C'est bien sûr à votre praticien de répondre à ces questions. Mais il est bon de savoir pourquoi il vous guide vers l'un ou l'autre.

Par Marc Fortier-Beaulieu *

Les sportifs ont un rapport à la médecine qui est très particulier. Souvent plaisant pour le médecin, car ils se connaissent très bien et sont désireux de guérir plus que les autres. Souvent difficile également car ils exigent des résultats rapides, ou des explications ultimes, que la médecine ne peut pas toujours leur donner. Cet article a pour but de vous aider à comprendre ce que les examens radiologiques (on dit aujourd’hui l’imagerie médicale, car les rayons ne sont plus les seuls utilisés), peuvent vous apporter.
C’est très simple (comme toujours) : il suffit de comprendre comment fonctionnent les outils dont disposent les médecins. Ils sont au nombre de trois : les rayons X, les champs magnétiques et les ultrasons.

  • 1. Les rayons X

Les rayons X sont émis par un système électrique et traversent le corps puis viennent impressionner une pellicule photographique (ou une plaque de capteurs numériques comme celle de vos appareil photo numériques). Les rayons X sont plus ou moins arrêtés par les tissus, selon leur masse atomique et leur densité : le calcium des os arrête plus que l’eau contenue dans les muscles, qui est elle même moins perméable que la graisse (oui je sais, votre masse grasse est minime, mais on en trouve quand même un peu !).
Les rayons X vont donc mieux voir les os que les autres techniques. En revanche, ils voient mal les tendons et les muscles. Dans la radiologie classique, on voit un squelette entier, en transparence. Dans les scanners, on voit une coupe du corps. Contrairement à la mauvaise habitude de pas mal de médecins, il ne faut pas renoncer aux radios classiques, qui seules donnent une idée globale de notre squelette. Un scanner va préciser les choses en coupe, et permettre de voir quand même assez bien les tendons, les ménisques, les articulations, les muscles. Mais pas aussi bien que les deux autres techniques.

  • 2. Les champs magnétiques

Les champs magnétiques sont modifiés par les molécules qui s’y trouvent. Les appareils qui utilisent la résonance magnétique nucléaire (IRM) sont de grands aimants, avec des capteurs qui, comme pour un scanner, analysent les perturbation du champ magnétique par le corps qui s’y trouve (votre genou par exemple). Cela donne une image en coupe, qui montre bien mieux les « tissus mous » (tendons, ménisques, ligaments,muscles), et certaines anomalies de l’os. Mais pour l’os lui même, l’IRM n’est pas toujours supérieure. Selon le type de problème diagnostiqué à l’examen clinique, c’est-à-dire avec les cinq sens et le cerveau, on demandera un scanner ou une IRM. Mais l’un n’est pas nécessairement supérieur à l’autre.

  • 3. Les ultrasons

Les ultrasons traversent les tissus mous et sont arrêtés par les tissus durs (les os). C’est l’écho de leur effet sur les tissus qui est recueilli et analysé par la sonde qui fait émetteur et récepteur. Ils seront très utiles pour étudier des tendons superficiels ou des muscles pas trop profonds. Le gros avantage est que cet examen est fait par le médecin en direct en analysé en temps réel. Il peut donc s’aider de vos remarques et chercher au fur et à mesure, s’il ne trouve pas tout de suite.

Enfin, il convient d'évoquer aussi les scintigraphies, qui sont comme des radiographie à l’inverse : on vous injecte un traceur radio actif qui se fixe sur les os et renvoie leur image sur une pellicule photographique (ou un capteur numérique). S'il y a inflammation, plus de produit se fixe : cela donne une image très informative. L’utilité est limitée aux fractures de fatigue.
Quels examens dans quelles circonstances ?
Si vous vous cassez une jambe, les radios classiques sont les plus utiles. Si votre douleur est osseuse aussi. Si le problème est articulaire, selon les cas, les ligaments en cause, le choix se fera entre scanner et IRM. Parfois il est utile de faire un arthro-scanner, qui consiste à injecter dans l’articulation un liquide qui arrête les rayons X et permet de bien voir les cavités articulaires.
Au total, vous avez sûrement compris que la réponse à vos angoisses légitimes en cas de blessure ne vient pas d’un sacro saint examen miraculeux qui dit tout sur tout, mais d’une démarche réfléchie qui va permettre de choisir l’examen le plus performant pour comprendre ce qui ne va pas.

(*) Marc Fortier-Beaulieu est docteur en médecine, spécialiste en dermatologie. Il est aussi triathlète pratiquant et président de la section triathlon du Lagardère Paris Racing.